samedi 20 juin 2009

L’absurde abus d’abus

Non je ne fais pas référence à un quelconque émirat arabe, mais à l’usage perverti du mot français « abus ».

Les journalistes étant ce qu’ils sont, il n’est pas un article relatant une affaire de viol, ou d'agression sexuelle, qui ne contienne le mot « abus ».

Untel ou untelle a été victime d’un abus sexuel, ou pire, si l’on ose dire, a été « abusé sexuellement » ! Consternant.

Le mot « abus » ainsi utilisé par nos plumitifs est ce qu’on appelait autrefois un faux-ami.

Pour reprendre Wikipedia, « des faux-amis sont des mots appartenant à deux langues différentes, qui ont entre eux une grande similitude de forme mais dont les significations sont différentes ».

L’expression « abus sexuel » est une traduction mot pour mot de l’anglais « sexual abuse », qui signifie en anglais « sévices sexuels », tandis que le mot « abus » en français qualifie l’excès, comme dans abus d’alcool , abus de pouvoir etc.

Dire qu’un enfant violé a été abusé voudrait donc dire, en français, qu’il en a été fait... un usage excessif ! Les parents apprécieront...

A l’intention des reporters en herbe, non encore « vocabulairement abusés », et pour qui écrire en français a encore un sens, n’utilisez plus, je vous en conjure, le terme « abus sexuel ». Dites « sévices sexuels » ou « viols » selon les circonstances du drame.

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